dimanche 31 mai 2009

Le Canard enchaîné, modèle économique sans Web


Le Canard enchaîné, bientôt un siècle et toutes ses plumes, trempées dans l'encre - d'imprimerie, bien sûr. Du papier journal et des points de vente, des abonnements. Canard sans lequel le mercredi ne serait qu'un jour comme les autres.

Canard absent d'Internet. Sauf une page pour expliquer qu'il n'est pas près d'y patauger, mais aussi, quand même, pour montrer sa une à tous les passants.

Pas de pub, pas de petites annonces, pas de photos, pas d'Internet.
Rien que l'argent de ses lecteurs (hors subventions et aides banales à la presse). Payant, mais pas cher : 1,2 € de pur jus rédactionnel chaque semaine.
Un modèle de vertu gestionnaire, d'indépendance, et, en prime, un résultat positif. Enfin une "exception française" dont on peut être fier (sur ce modèle, au Sénégal, Le Canard Enchaîné a inspiré Le cafard libéré).

Et s'il y avait là un modèle économique pour la presse ?

Rappel : 500 000 exemplaires diffusés payés par semaine, 6,2 millions € de résultat (2007). Notons aussi des fans et plusieurs groupes sur Facebook (dont un réclamant sa présence en ligne).

1 commentaire:

Floriane Fischer a dit…

Eh non, le web n’est pas incontournable pour la presse. Voilà ce que nous démontre Le Canard enchaîné en choisissant ce modèle économique. Il nous démontre que la présence sur le web est encore un choix et que l’option « sans web » peut fonctionner - ses résultats le prouvent. Vous parlez d’une « exception français » et c’est bien le cas. Choisir de ne pas être présent sur le web est aussi une manière de se distinguer, de préserver son image de journal à part, original, pas comme les autres. Le fait de se distinguer, de se positionner volontairement sur un axe différent est un atout marketing. Le Canard enchaîné le fait très bien ! Il a le cran de choisir un chemin différent, de ne pas suivre le troupeau, et cela semble lui réussir. Par son modèle économique différent, on a le sentiment que l’on a affaire à un « pur » média, indépendant, libre.

Ce qui est intéressant pourtant, c’est de constater que même s’il choisit d’être « absent » du web, il a tout de même une homepage pour le signaler (et même le revendiquer) ! Comme si on ne pouvait plus de nos jours être totalement absent web. Une présence, ne serait-ce qu’une seule page, est devenue nécessaire.