dimanche 30 janvier 2011

Kids chef, magazine pour enfants et parents

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"Tout le monde peut cuisiner même toi" déclare d'emblée ce magazine bimestriel s'adressant aux 8-10 ans : Kids Chef , 5,9 €, publié en janvier 2011. En juin 2010 avait été lancée La Gazette des petits gourmands ("le seul magazine pour enfants que les parents lisent en cachette").
La cuisine est à l'honneur dans la presse : 81 titres (27 nouveaux et 54 hors-série, au moins) en 2010. La presse magazine accommode la cuisine à toutes les sauces et la traite selon tous les angles possibles :
  • selon les ingrédients (riz, épices, tomates, pomme de terre, citrouille, thé, ail, vinaigre, chocolat, vins, champignons, gibier, poisson, fromage, etc.), 
  • selon les régions et les terroirs, les voyages et le tourisme
  • selon les occasions : le marché, le calendrier, les saisons, la santé, les fêtes, le jardin et même l'histoire !
  • tous les plats y passent (crêpes, soupes, desserts, charcuterie, tartes, pâtes, macarons, terrines, etc.) déclinés en recettes pour tous les budgets, sans oublier la décoration de la table.
Un magazine pour enfants est une bonne idée : les enfants aiment cuisiner et la cuisine constitue une discipline d'éveil complête : lire, mesurer, calculer et une école d'adresse (casser les oeufs, remuer, battre, couper, éplucher, verser, râper...).  C'est aussi une heureuse occasion de coopération adulte / enfant.

Certains choix de ce numéro sont discutables : certaines recettes sont improbables pour des enfants (rougets, soupe au pistou), voire imprudentes (beignets d'oignon), certains ingrédients déplacés (Calvados, p. 16). Certains textes sont incompréhensibles pour des enfants (ex : sur Thierry Marx, p. 22). En revanche, les scénarii sont bien dessinés, bien photographiés (tarte Tatin).
Il serait plus motivant pour de jeunes lecteurs de voir dans le magazine des enfants à l'oeuvre, ceci constituerait aussi un bon test des recettes, riche en suggestions pratiques. On peut aussi attendre des contributions de lecteurs, cuisiniers et reporters : assurément, la cuisine pour et par les enfants a un bel avenir.
N.B. Nulle part, me semble-t-il, on n'évoque la vaisselle et le nettoyage du plan de travail. Erreur ! 
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Publicité par accident

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Parfois, l'internaute mobile clique par accident. Pontiflex a réalisé une enquête en ligne auprès de 4000 internautes en décembre 2010. Selon cette enquête, conduite par Harris Interactive, 47% des utilisateurs déclarent avoir cliqué sur une bannière publicitaire plutôt par maladresse que volontairement. Sans doute, est-ce la conséquence de la faible dimension de l'écran, donc une question d'adéquation du format et de la création à l'écran (on parle, pour y remédier de mini-applis au milieu de l'appli, la taille des écrans tend à s'accroître, etc.).

Contact par erreur : que vaut un tel contact ? Question redoutable, car elle ne vaut pas que pour la publicité sur mobile ! Cette "maladresse" peut également avoir lieu sur de plus grands écrans. Combien de zapping erratiques pris en compte malgré tout dans l'audience cumulée des chaînes de télévision ?
Que dire des passants qui voient des panneaux publicitaires regardés involontairement, de ceux qui, "captifs", voient ou entendent un message publicitaire qu'il n'ont pas regardé ou écouté. Quid du lecteur qui lit la page de gauche et dont le regard déborde sur la page de droite où il entrevoit la publicité? Tout cela est compris dans l'audience. Engagement zéro ? La publicité ne vise-t-elle pas à surprendre ?
Tous les contacts sont-ils égaux ? Comment les distinguer, par la durée du contact ? Mais le temps ne fait rien à l'affaire : un contact très bref peut être très engagé.
Ce débat, qui est celui de l'intentionalité vaut pour tout média, tout message. Pontiflex est une société new-yorkaise qui facture les annonceurs au "lead" (CPL) ; elle a tout intérêt à valoriser cette distinction, pour elle c'est l'intention qui compte : le lead est une étape entre le simple contact, volontaire ou pas, et la transformation (demande, achat), il manifeste indubitablement l'intention. Compter les leads est une solution pour exclure les contacts "par erreur", à condition que le déclenchement du lead soit au principe de la création, qu'il soit clairement et rigoureusement défini dans le brief de l'annonceur ou de son agence.
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samedi 29 janvier 2011

Egypte : Web 0.0, la fin de l'illusion Internet

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On a éteint Internet en Egypte. En quelques coups de téléphone, en quelques lignes de programme... Finis Facebook, Twitter, les emails, Skype, YouTube...
Pourtant ne l'a-t-on pas clamée, l'invulérabilité d'Internet aux décisions centrales ! Ah ! La supériorité du réseaux distribué sur le réseau centralisé... "the computer is the netwok" (Sun) et autres fadaises ! Le réseau a un interrrupteur, et l'Egypte en a fait la démonstration, avec la collaboration empressée de firmes occidentales. Merci Vodafone (qui détient 44% de SFR). L'Egypte que, quelques jours plus tôt, on célébrait comme un carrefour technologique de l'Internet...
Voilà qui rassurera les "pouvoirs", les petits et les plus grands, tout ce qui craint la transparence, redoute la communication, l'association, la multitude. Et l'on se souvient tout à coup que la radio, par exemple, est moins vulnérable (cf. la radio de Londres échappant aux nazis et à leurs "collaborateurs"), que le média papier manuscrit ne s'éteint pas facilement (cf. les samizdat, copiés et recopiés, auto-publications souterraines de la Russie soviétique)... Il faudra revoir notre évaluation des médias, revoir à la baisse les prétentions anarchistes d'Internet : Internet, comme tous les médias, est aux mains des "pouvoirs". Il n'y a pas d'anti-pouvoir ; un Etat peut emprisonner son peuple derrière un mur virtuel de la honte ("Schande-Mauer"), nos démocraties fournissent les outils, comme autrefois elles ont fourni les barbelés. Reste Wikileaks, pour bercer nos indispensables illusions.
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mardi 25 janvier 2011

Le smartphone, média complet, et les médias immobiles

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Le smartphone est manifestement le premier média complet. Il oblige à désormais concevoir les médias traditionnels, au regard de ce média "parfait", comme des médias auxquels il manque une perfection, et souvent plusieurs.
  • Ils sont im-mobiles
  • Ils sont sans interactivité, "communiquant" - si l'on peut abuser du mot - à sens unique
  • Ils sont "de masse", sans personnalisation (mass-médias)
  • Ils sont mal associés à l'environnement, à la proximité, manquant l'hyperlocal
  • Ils sont in-actifs, sans outillage : pas de photo, pas de messagerie, de jeux, de cartes, de plans, d'agenda, de musique, etc.
  • Ils sont a-mnésiques, sans mémoire, sans trace des actions passées
  • Ils sont sans participation (faible engagement) ; même personnels, ils sont sans personnalité ni intimité 
La mobilité, la radio la revendique, qui poursuit ses auditeurs dans la voiture. Le journal et le magazine s'emportent dans nos transhumances. Même la télévision s'essaie aux transports. L'interactivité, quelques médias s'y essaient, forçant en vain leur talent.
Le Web, sur ordinateur, apporte à la plupart des médias leurs premières touches d'interactivité, pas seulement celle, artificielle, des automates et des algorithmes, mais surtout celle, humaine (souvent), du courrier et des réseaux sociaux.  Aux annonceurs, le Web apporte des capacités publicitaires multimédia, à la fois celles imitées de l'affichage, de la radio, de la télévision, du point de vente ; il apporte surtout l'historique des actions publicitaires ou commerciales permettant un ciblage comportemental. Rich media, faisant éclater la pauvreté des autres, il ne lui manque que la mobilté, que la portabilité.

Le passage du grand public au média mobile commence à se voir. Selon comScore, aux Etats-Unis, le courrier décline sur les ordinateurs (-6%) tandsi que son usage augmente sur les téléphones (+36%). Les applications de téléphonie se comptent par milliers. En France, plus de 11 milions d'abonnés sont équipés de smartphones (plus de 20%, extrapolé d'après comScore).

Dans cette perspective historique mais surtout logique, le smartphone apparaît comme le média complet, absolu. Cela, étant admis, pourrait conduire à remettre en question bien des aspects de l'économie courante des médias, par exemple :
  • S'il doit être un service public des médias (en échange de l'exploitation d'un bien public) voire même un secteur public des médias, ce n'est sans doute plus à la presse, à la télévision ou à la radio qu'il faut le confier, médias limités, particuliers, mais à la téléphonie intelligente, universelle et multiple, élargie au smartphone. L'impôt (redevance, aides diverses), s'il subsiste, pourrait financer des applications de service public (santé, éducation, transport, information, etc.).
  • L'action publicitaire doit être remise sur ses pieds : elle pourrait partir du téléphone intelligent, média global, pour être complétée, approfondie, par les investissements dans d'autres médias sur telle ou telle dimension appropriée. C'est déjà ce sur quoi Foursquare, Groupon, Google Places, Facebook Deals, entre autres, attirent notre attention.

dimanche 23 janvier 2011

Vidéo en Europe

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Pour faire suite au post sur la video aux Etats-Unis, revenons à l'achat de LoveFilm - sous réserve d'autorisation - par Amazon. L'histoire n'est pas nouvelle : Amazon détenait 42% du capital depuis 2008 et LoveFilm avait acquis le service de location de DVD d'Amazon ... Cet achat valoriserait LoveFilm à près de 320 millions de $.
LoveFilm, lancé en 2002 fonctionne selon un modèle mixte, identique à celui de Netflix : location de DVD par courrier + streaming (on a parlé de "Netflix of Europe"). Streaming sur PC et PS3 avec le LoveFilm Player). Certains programmes sont gratuits et comportent des messages publicitaires. LoveFilm compte plus de 1,4 million d'abonnés répartis dans le Nord de l'Europe (Grande-Bretagne, Scandinavie, Allemagne). Pour l'instant, comme aux Etats-Unis, la location de DVD l'emporte sur la VOD en ligne. Mais sans doute le DVD (films, jeux vidéo) distribué par courrier n'est-il, à moyen terme, qu'une propédeutique à la VOD par streaming, une solution de transition, une rampe de lancement. Pour l'instant l'offre de programmes est 30 fois plus importante que celle du streaming (au total, 70 000 programmes selon LoveFilm). Le streaming représenterait le cinquième des locations de LoveFilm.
Enfin, notons que LoveFilm est repris par la distribution (Tesco, CDwow, Odeon, etc.), parfois en marque blanche.
Comment comprendre cet achat ?
  • Hypothèse la plus courante, la stratégie défensive : freiner le développement éventuel de Netflix en Europe. Netflix n'est présent qu'en Amérique du Nord (Etats-Unis et Canada). Au Canada, Netflix ne propose pas la location de DVD.
  • Hypothèse plus structurelle, celle d'une offensive qui se prépare. LoveFilm constitue une base pour développer les services de VOD d'Amazon en Europe (DVD + streaming). Car passer du VOD au streaming, c'est changer de marché, venir sur des territoires où déjà interviennent de grands opérateurs de télévision (Sky Digital, Virgin, BBC, etc.). Amazon dispose d'atouts : son image de marque, sa réputation numérique (Kindle), son portefeuille de clients issu du marché du livre, sa capacité de cloud computing... 
Par ailleurs, en France, dans un coup qui évoque celui de Google avec YouTube (5 ans après), Orange rachète une partie de Dailymotion. On attendait TF1, ce fut Orange... La valorisation de Dailymotion serait de 150 millions d'Euros. Dailymotion a passé un accord pour la diffusion de la Coupe de la ligue (football) pendant trois ans. Tiens ! On dirait de la télé !

Ces deux coups, des ouvertures assurément, ne se jouent-ils pas dans la même partie ? Attendons, les joueurs ne sont pas encore "sortis de la théorie"...
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mercredi 19 janvier 2011

Le B2B se mesure en ligne

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BPA Worldwide  a passé un accord avec BBN, un réseau publicitaire (adnetwork) B2B réunissant environ 800 sites (70 groupes éditeurs), pour la mise au point d'un standard de mesure des audiences B2B en ligne.

  • Le BPA, comme l'OJD ou l'ABC, audite la diffusion des médias (papiers, numériques) et contribue à définir une certaine légitimité dans la mesure, notamment pour les médias B2B (2 600 supports).
  • BBN revendique une audience de 50 millions d'acheteurs et de décideurs en entreprises. Le réseau BBN a été lancé aux Etats-Unis en 2008 puis en Grande-Bretagne (octobre 2010) par des éditeurs ; il s'appuie sur 24/7 Real Media (acheté par le groupe publicitaire WPP en 2008).

Au terme de cet accord, acheteurs et vendeurs d'espace publicitaire disposeront d'un ensemble de données d'analyse des sites ("analytics"). La mesure établira également des profiles transversaux à l'ensemble des réseaux (marchés verticaux). BPA exploitera des données de Nielsen et de Bizo, qui met en place un ciblage B2B. Bizo est connu pour ses bizographics qui profilent un internaute selon son métier, son secteur d'activité, la taille de son entreprise, sa formation initiale, son expérience (seniority) dans le métier, etc. L'audience d'un site peut-être décrite et ciblée selon ces dimensions.

La profession publicitaire se retrouvera avec une mesure de plus, avec une méthodologie à part, différente de celle mobilisée par la mesure des autres sites et réseaux. Ceci complexifie, en régie et agences, le travail des vendeurs et acheteurs. La spécificité méthodologique du ciblage B2B était indéniable tant que l'on travaillait avec des supports analogiques ; elle s'estompe dès lors qu'il s'agit de supports numériques.

Le B2B est tellement diversifié (spécialisation) et changeant (évolutions techniques, terminologiques) que toute segmentation empirique est toujours déjà insuffisante. Les taxonomies des produits, jamais asseez fines, ne peuvent être qu'en retard sur les pratiques professionnelles et doivent être sans cesse, et vainement, remises à jour.
La solution ne se trouve certainement pas dans ces segmentations et taxonomies mais plutôt dans l'exploitation de la finesse des requêtes de l'utilisateur professionnel (qui utilise "sa" terminologie et "sa" syntaxe) et dans le ciblage de ces utilisateurs à partir des termes qu'ils utilisent. La catégorie, c'est désormais le mot ou le groupe de mots (syntagme).
Comme la variété des pratiques professionnelles est innombrable, il faut s'en remettre, pour cibler, à des modalités d'analyse sur mesure, exploitant exactement l'observation des comportements en ligne. Par exemple, en suivant le vocabulaire des requêtes, pour une marque, un métier (voir le travail de Stéphane Levy dans ce domaine, à Weborama, avec Le Lab des Marques).

Notes à propos du B2B
  • Le B2B est une catégorie dont la pertinence opérationnelle se dissout dans le Web et dans les nouvelles pratiques commerciales (internationalisation), dans la multiplication des petites et toutes petites entreprises. 
  • De plus, la séparation amateurs / professionnels est inopérante dans de nombreux métiers (Pro-Ams). D'ailleurs, nombre d'artisans, par exemple, s'approvisionnent chez les mêmes fournisseurs que les amateurs (décoration, bâtiment, cuisine, mécanique, etc.). 

    mardi 18 janvier 2011

    Smart Walmart TV

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    Walmart fut l'un des premiers distributeurs à systématiser la présence d'écrans dans ses magasins sous la forme d'une chaîne de télévision multi-magasin inspirée du modèle des grands networks : Walmart TV, chaque magasin étant comme une station. Des téléviseurs installés au-dessus des travées diffusaient les programmes de la chaîne (mise en scène des produits, promotions). L'ensemble était plutôt inélégant, la visibilité médiocre, la sonorisation inégale malgré le son directionnel ; en gros, les messages commerciaux (30 s, vendus au CPM) passaient mal. Beaucoup de GRP pour rien.
    Récemment, Walmart a changé de stratégie et, par conséquent, de matériels, passant de Walmart TV à Smart Network : écrans HD de tailles variables placés à hauteur des yeux, ajustés au linéaire, trônant en plein milieu des produits qu'ils valorisent et expliquent (category screens). Chaque boucle diffusée (parfois 60 voire 90 s) vante en de très brefs messages les qualités des produits à l'entour. Bien sûr, les résultats sur les ventes (sales lift) sont bons ; l'efficacité des écrans et des campagnes est indiscutable, facile à attribuer (split run) .

    Aux écrans strictement localisés, pour quadriller le point de vente, Walmart ajoute, comme déjà Walmart TV, de plus grands écrans diffusant à l'entrée des messages d'accueil (5s), des écrans à l'extrémité de chaque linéaire (endcap screens) ainsi qu'un mur d'écrans au rayon électronique grand public (The TV Wall). Walmart a donc rompu avec l'arbitraire du 30s et, surtout, systématise le ciblage contextuel.

    L'attention portée aux écrans est évaluée (en durée de contact, généralement, avec des outils de face tracking) mais l'appareillage des écrans ne suit pas le regard des visiteurs jusqu'aux produits, jusqu'aux bandeaux de prix. L'avenir de ce marketing requiert des analyses plus riches prenant en compte globalement l'ensemble des comportements de la clientèle sur le point de vente et, plus encore, devant les linéaires.
    Données indispensables (nous ne mentionnons que ce qui est possible actuellement) :
    • horaires, saisonnalité, rythme de la fréquentation (longue durée)
    • attention portée aux produits (indicateur d'intention d'achat, d'intérêt)
    • prise en main de ces produits
    • lecture du bandeau de prix
    Toutes ces variables intermédiaires manquent encore à la plupart des évaluations marketing. Sans elles, il est vain de corréler passages devant des écrans (ODV, contact) et achats. Sans elles, le marketing dans le point de vente marche sur une seule jambe.
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    mercredi 12 janvier 2011

    Vidéo : la grande distribution, du DVD à la VOD


    Mise à jour : 11/01/2015
    L'évolution du marché américain de la vidéo semble s'effectuer au profit de la grande distribution.
    Dans les années 1980-90, Blockbuster met en place sa chaîne de magasins spécialisés ; Walmart et Kmart (supermarchés) vendent des DVD, Best Buy (GSS) aussi. Une dizaine d'années plus tard, Netflix, nouvel arrivant recourt à la voie postale pour faire parvenir et récupérer les DVD loués à ses abonnés. Le magasin est en ligne, la commande et sa gestion, paiement inclus, s'effectuent sur un site Web. Modèle mixte, off et online : 20 millions d'abonnés. Nouvel arrivant aussi, Amazon vend des DVD (transaction en ligne, acheminement postal). Sur le modèle des machines à monnaie (self-service coin-counters), redbox, InstaFlix et Blockbuster mettent en place des réseaux de distributeurs de DVD (video rental kiosks).
    La grande distribution tient le marché du DVD. Elle effectue maintenant son virage online.
    Evolution du marché de la vidéo aux Etats-Unis (juin 2011)
    • Best Buy (GSS) entre dans le marché du streaming avec l'acquisition de CinemaNow fin 2008.
    • Après un premier essai manqué avec HP en 2007, Walmart, premier distributeur mondial (9 000 magasins), rachète Vudu (streaming) en février 2010. Appli iPhone pour le catalogue.
    • Sears Holdings, qui regroupe Kmart et Sears, lance fin 2010 Alphaline Entertainment. Le consommateur accédera à un film en même temps que sa sortie en DVD, pour le louer (4 $) ou l'acheter (20 $). Le service devrait être multi-plateforme (mobile, etc.). 
    • Amazon InstantVideo entre sur le marché du streaming également. 
    • iTunes passe de la musique à la vidéo pour louer et vendre des programmes mais propose également un boîtier de connection Web / téléviseur.
    • YouTube triomphe sur le Web mais le cinéma et les grandes séries TV lui échappent. 
    • Des boîtiers / players permettent de transférer ce qui est sur le Web vers le téléviseur (Apple TV, Boxee, Roku) et relaient Vudu, Netflix, Amazon...
    Observations générales, et provisoires
    1. Pour conquérir ce marché, la grande distribution, généraliste ou spécialisée, dispose de nombreux atouts maîtres, transférables aisément à la distribution de vidéo : relation clients, connaissance des consommateurs, bases de données, facturation, cartes de fidélité, clientèle fréquentant régulièrement ses points de vente, capacité de promotion croisée (cf. Vudu / Walmart, Tesco / blinkbox), expérience de la vente en ligne. Par construction, elle est au coeur même de l'articulation on-line / off-line, le prochain champ de bataille du commerce.
    2. On observe, à l'oeuvre, le fonctionnement d'une économie de transition (et non de simple substitution). Les trois modes de distribution coexistent et tous les trois restent dynamiques. Ainsi, la distribution "sur place" via DVD continue de se développer (cf. instaFlix, flilale de NCR, distributeurs de billets). La plupart des entreprises de distribution vidéo sont actives sur deux ou trois segments (cf. supra, schéma). Cette articulation des trois modes / segments semble vertueuse : ainsi de Netflix qui invite ses abonnés au transfert progressif du DVD à la VOD en ligne, et les accompagne dans cette lente évolution pour ne pas les perdre (taux de churn très bas).
    3. L'approche multiplateforme se développe : distribution sur tablettes, smartphones, consoles de jeux vidéo, en plus des téléviseurs, des ordinateurs et des enregistreurs numériques (TiVo). 
    4. Quand cette distribution passera-t-elle au cloud computing, logique et ultime étape qui facilitera la gestion des stockages personnels, comme le pratiquent déjà entre autres Amazon et iTunes?
    5. Dans la distribution vidéo, les chaînes de télévision (networks) semblent marquer le pas. Ensemble, elles ont mis en place hulu (ABC / NBCU / Fox), reproduisant pour la VOD leur modèle gratuit publicitaire (ciblage avec adSelector, de Publicis), puis Hulu Plus. Elles utilisent aussi leurs sites pour diffuser leur programmes. Fox a abandonné Bitbot, diffusion de la vidéo sur smartphones, en revendant Fox Mobile Group. En revanche, en mai 2011, le bouquet satellite Dish Network a racheté Blockbuster.
    6. Sans doute, en dernière instance, l'initiative est-elle laissée par les networks aux studios auxquels ils sont adossés (Disney / ABC, NBC / Universal, Fox, etc.).
    7. Le marché publicitaire associable à la distribution vidéo via streaming est théoriquement considérable, notamment pour la publicité vidéo. Il sera nécessairement multiplateforme (la sélection, la transaction commerciale et la consommation n'étant pas nécessairement effectuées sur la même plateforme), et recourra aux formes les plus avancées du ciblage affinitaire (pour ne pas déranger le destinataire) : marketing comportemental, ciblage langagier, etc. A moins que les consommateurs ne préfèrent payer plutôt que de supporter une publicité qui les dérange...
    8. Et en Europe ? Faut-il imaginer, en France, Carrefour, Leclerc, FNAC, Casino, Darty, etc. se lancer dans ce métier ? Ils sont déjà implantés dans la distribution en ligne et vendent des DVD. Restent les accords avec les studios... En Grande-Bretagne, Tesco (grande distribution) a racheté Blinkbox en avril 2011... pour le revendre en janvier 2015 à TalkTalk. Concurrence de Netflix ?
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    lundi 10 janvier 2011

    Web fridge and domotics

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    Cats know it: the center of a residence, is where the fridge is. The kitchen has always been the heart of the home and the refrigerator has always been used to display family information (lists, kids drawings, reminders and pictures). With the new fridge by Samsung, the fridge becomes smarter : Web, Twitter, Pandora (musique), Epicurious, Google calendar, notes, weather...
    Electrolux started with The Screenfridge in 1999. The Infinity i-Kitchen fridge was launched in Brazil by Electrolux. This is a fridge with GNU Linux OS and a touchscreen panel: calendar, notes, etc.

    It is still far from the Internet of things : we need a fridge which calls for maintenance work and which manages the inventory... Domotics on its way.
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    mardi 4 janvier 2011

    Qu'est-ce qu'un média local (3) : La Liberté, quotidien de Fribourg (Suisse)

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    La Liberté est un quotidien suisse romand, en langue française, édité à Fribourg depuis 1871. C'est un journal indépendant des grands groupes de presse. Le journal est vendu 2,5 francs (CHF) en semaine et 3,7 le samedi (soit approximativement 1,9 et 2,8 €). Il paraît 6 jours par semaine du lundi au samedi.
    L'abonnement annuel s'élève à 378 FS. Notons qu'un rabais est accordé, sur demande, aux moins de 22 ans et aux étudiants (ainsi qu'aux chômeurs).
    Le numéro du vendredi comprend un encart de 16 pages "TV sélection" qui donne les programmes de la semaine à venir. Le samedi, TV8, le supplément TV est vendu avec le quotidien (86 000 exemplaires vendus) ; il donne de manière détaillée, en une centaine de pages, les programmes de la semaine à venir. Le premier cahier de ce magazine, au contenu people, jeux, etc. semble rencontrer un succès publicitaire.
    Le tirage contrôlé du quotidien (certifié Remp, Recherche et études des médias publicitaires), pour 2009-2010, est de 39 000 exemplaires. Le lectorat est de 101 000 personnes. Soit un taux de circulation supérieur à 2 : le titre engendre peu de lectures gratuites. Le lectorat est en progression (7,5% sur dix ans).
    Différents cahiers de La Liberté. 
    La concurrence régionale provient de La Gruyère, tri-hebdomadaire sud-fribourgeois (34 000 lecteurs) mais également de 24 Heures, le quotidien vaudois de Lausanne, sur les secteurs limitrophes des cantons de Vaud et de Fribourg (régions d'Avenches-Payenne-Moudon-Oron). Le Freiburger Nachrichten, qui vise la population de langue allemande dans la région de Fribourg, voit son lectorat progresser (41 000 personnes).
    • Le prix facial est ce qui surprend le plus un habitué des médias français : le quotidien régional est plus cher en France qu'en Suisse.
    • Deuxième surprise : pas d'aides de l'Etat, à la différence de la France. Seulement des tarifs postaux adaptés, comme partout dans le monde.
    • Presse qui ne perd pas de terrain, alors que les grands titres régionaux ou nationaux, gratuits (20 minutes) ou payants (La Tribune de Genève) connaissent des baisses de diffusion importantes
    Le numéro du vendredi (comptages effectués sur ceux du 12 novembre et du 17 décembre) compte 32 pages réparties, comme toujours en 4 sections (cahiers) : une première section nationale et internationale, une section Régions, une pour le Sport, la dernière section compte une page "Jeunes", une page cinéma, une page de programmes télévision, une page multimédia, une dernière page, généraliste avec la météo et trois pages de publicité.
    Le quotidien accueille au total 6 pages de publicité (sur 32). Dans le numéro de samedi, la quatrième section est ititulée  "Magazine Culture" (8 pages).

    La Liberté est déclinée partiellement en accès gratuit sur Internet (http://laliberte.ch/). Un abonnement annuel à la version PDF du titre est vendu 199 francs (contre 378 pour l'édition papier). Le coût d'accès au PDF pour les abonnés à la version papier est de 35 francs.
    Le site compte en page d'accueil de nombreuses vignettes clickables (petit format). Petites annonces immobilières, emploi. Des bonnes adresses (classement thématique). Le titre est présent sur Facebook.
    Le titre a confié sa régie publicitaire à Publicitas.

    Seule la section "Régions" est vraiement locale, une partie de l'information sportive également (en concurrence avec les pages Sport du Matin). La publicité et les petites annonces sont locales. Tout le reste est supra-régional (collaboration avec des titres francophones : Libération, Rue 89 et La Libre Belgique). Pour les informations en Suisse, La Liberté collabore à un pool rédactionnel et pubicitaire comprenant des régionaux non lémaniques ; il dispose aussi de rédactions décentralisées à Lausanne, Berne, Payerne, Bulle et Romont.
    Les archives sont numérisées de 1871 à 1920, rendant l'histoire locale et régionale accessible à tous.

    En résumé, à confronter avec notre approche d'un régional américain et d'un régional français :
    • Le positionnement du titre est délibérément généraliste et pluri-dimensionnel, local (Fribourg), régional, national et international. Le lecteur dispose avec ce journal d'une offre informationnelle complète.
    • Le titre se vend plus cher qu'un quotidien régional français (à titre de comparaison, l'abonnement annuel au Bien Public, quotidien régional de Bourgogne s'élève à 306 €).
    • Le titre maintient et améliore sa position sur le marché média malgré le développement de la concurrence numérique, de la télévision locale (la télé) et de la presse gratuite. "Cela signiifie que nous habitons très bien notre zone économique", résume Nancy Zürcher (responsable marketing).
    • La numérisation semble se mettre en place prudemment, lentement peut-être. Il s'agit sans doute d'être en phase avec le lectorat. Toutefois, étant donné l'importance de la population universitaire dans la région, des initiatives numériques plus hardies permettraient, peut-être, d'étendre le lectorat du quotidien et de moderniser l'image du régional. L'"infomanie", qui permet aux lecteurs témoins d'un événement d'alerter les journalistes par téléphone, pourrait aisément devenir la base d'un dispositif de crowd sourcing de l'info locale et régionale.