samedi 31 mars 2012

Quand Facebook tend vers 2

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"Pair", une nouvelle appli gratuite pour iPhone, c'est Facebook pour les couples, le social réduit à son minimum. L'intimité partagée. "Pair" suit, à la lettre, les consignes du fameux air de Broadway : "Tea for Two" : "Just me for you // And you for me... alone // Nobody near us to see us or hear us // No friends and relations"...  "The most private messaging experience", annoncent les auteurs de l'appli, financée au départ par l'incubateur californien Y Combinator.

Limite de la vie privée. Les deux ap-pariés peuvent tout partager : les lieux, les lectures, les musiques, des photos, etc., sauf l'essentiel. Ils peuvent même s'envoyer des baiser virtuels "thumbkisses", vibrations partagées en appuyant simultanément avec le pouce sur le même emplacement, chacun sur son écran.
Appli songe mensonge ? Gadget pour ceux qui sont séparés, vague placebo des relations à distance, pour tromper l'impatience ("Be together, when you're apart").

Cette appli énonce peut être l'une des valeurs extrêmes de la Lifeline de Facebook, courbe qui connaît un maximum d'intensité à 2 "amis" et un minimum à... une foule. Beaucoup, beaucoup d'amis puis un seul ("Toi et moi"), rien qu'un (les amoureux sont seuls au monde !)...  puis plus rien ("c'est la guerre du toi et moi", comme chantait Barbara). Et puis cela recommence. Période inconnue. Les Lifelines décrivent des sinusoïdes plus ou moins en phase et Facebook la Carte du Tendre vers 2.

SimplyUs propose une autre appli pour couples : plutôt que les émotions amoureuses, elle règle et coordonne la vie quotidienne du couple : les enfants, les courses, les diverses activités domestiques... Appli incubée par Extreme Startups (Toronto, Canada).
Copie d'écran de l'AppleStore présentant l'application

mercredi 28 mars 2012

Télé en France. Rien de neuf

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Il y aura donc, en France, six chaînes commerciales de plus, à portée nationale. Toutes les autorisations ont été affectées à des groupes média déjà dominants. Toutes proposent des formats qui, peu ou prou, existent déjà, notamment dans le secteur public (France Télévisions) : sport, famille, musique, enfants, documentaire (cf. portraits des "mieux-disants"). On a beau s'y attendre, comment ne pas être déçu ? Alors qu'ailleurs les médias vivent au rythme des startups, des accélérateurs, de l'incubation et, finalement, de l'innovation risquée, en France, on semble avoir privilégié la monotonie, la conservation, le déjà vu. Pour rationaliser cette décision, on évoque l'extension de la HD et la création dite patrimoniale. Rien de bien nouveau sous le soleil télévisuel.

Mais, la "diversité" ? Parlons diversité : aux Etats-Unis, se développe la télévision visant les cultures et langue "hispanic". Rien de tel en France : toujours pas de berbère (tamazight), pas d'arabe... Et si peu de langues de nos régions. Les langue ne sont-elles pas diversité ? Quant au local, formidable multiplicateur de diversité, local et micro-local (LPTV) par lequel, aux Etats-Unis, transite la moitié des investissements publicitaires TV, il reste presque inexistant (hors France 3). Exception française ?

Le financement des nouvelles chaînes sera exclusivement national et publicitaire, puisant au même gisement que les chaînes "historiques". Mais rien n'indique que, grâce à ces nouvelles chaînes, les revenus publicitaires TV augmenteront significativement pour les groupes concernés. L'offre de télévision d'intérêt publicitaire est déjà importante dans les secteurs recherchés par les annonceurs visant les grands publics (FMCG) : divertissement et sport. On parle de 1 à 2 % de part d'audience, sans doute sur-estimée, par chaîne nouvelle et de 5 à 7% de part de marché publicitaire. D'où viendront les revenus nouveaux ? De la télévision, sans doute. Comment évolueront les prix de l'espace avec une offre TV plus dispersée et une demande qui ne s'accroît guère ?

Alors, rien de neuf ?
Si, si ! On apprend, mais c'est sans rapport, coïncidence malheureuse, que l'INA a confié la diffusion de ses archives à Google (via YouTube). Voilà qui ne manquera pas à terme de concurrencer les chaînes nouvellement créées, dès lors que cette télévision sera connectée au Web et, par conséquent, à Google. YouTube "se réjouit". A juste titre.
Comprenne qui pourra...
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lundi 26 mars 2012

Les Années DVD Blue Ray

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Les Années Laser ont 22 ans. Le magazine, né avec l'éphémère vidéodisc / laserdisk, traite des équipements électroniques domestiques (home cinema, son, HD, installations cinéma, etc.), des DVD et du Blu-ray. Tout pour le cinéma à domicile. 
Mensuel (10 numéros par an), le titre est diffusé par Presstalis. 186 pages, 4,9 €. L'OJD (DSH 2011) indique une diffusion totale d'environ 40 000 exemplaires (dont 10% de diffusion non payée). Parmi les ventes, il y a des PDF (700 exemplaires en décembre), un peu moins chers que les exemplaires papier : 4,6 au lieu de 4,9 €, des abonnements postaux (1/4 de la diffusion). Les ventes sont stables. Le site Web et la présence sur Facebook comblent les attentes des fadas de cinéma (calendrier de sortie, avis critiques, jaquettes, etc.). Cf. la présentation du titre par son rédacteur en chef dans une émission de france Info.

Les guides d'achat Hors Série, DVD et Blu-ray, sont annuels (5,9 €). Ces guides constituent des supports de publicité valorisants pour l'image de marque de certains produits : les reprises en main sont certainement nombreuses, le lectorat s'étend à toute la famille et la période de référence, très longue, est intéressante. Malgré tout, le guide d'achat est peu encombré (mais Amazon, présent à la Une, ne s'y est pas trompé).
Le format est agréable (226 pages), maniable ; les classements sont alphabétiques et par catégories courantes. Un mode d'emploi expose minutieusement, dans les premières pages, les caractéristiques des supports : Dolby, codecs, etc.
  • Comment évoluera ce magazine et ses Hors Séries alors que le numérique développe des ergonomies nouvelles pour les guides d'achat, les catalogues ? Que peut lui apporter les tablettes et les smartphones (cf. iPod et catalogues en ligne)
  • On dit que DVD et Blu-ray sont condamnés par le streaming. C'est aller vite en besogne : IHS Screen Digest observe certes aux Etats-Unis que le nombre de films loués ou achetés en ligne (iTunes, Netflix, Lovefilm, etc.) croît rapidement, mais le chiffre d'affaires n'est encore que de 1,72 milliard de dollars, quand celui des DVD / Blu-ray est six fois plus élevé (11,1 milliard). 
  • Les prévisions en cours tablent en général sur une extrapolation des tendances actuellement observables : il est toutefois peu probable que les studios laissent Netflix (par exemple) proposer leurs films dans le cadre de forfaits à bon marché.



jeudi 22 mars 2012

Chomp, moteur de recherche des applis

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En février, Apple a acquis Chomp, un moteur de recherche pour applications. iOS et android comptent plus d'un million d'applis, par conséquent, un moteur de recherche est devenu indispensable pour que l'utilisateur s'y retrouve dans l'offre. Chomp recherchait pour l'iPhone parmi plus de 583 000 applis dans la boutique iTunes américaine et un peu moins de 500 000 applis android (depuis la fin avril, l'accès à android est fermé par Apple). L'univers des applis s'accroît de plus de 2 000 par an. Avec Apple, les applis de l'App Store deviennent multiplateforme et sont gérées dans iCloud ; elles font l'objet de fréquentes mises à jour et de recommandations (Genius).


Mise à jour : 3 octobre 2012


En octobre 2012, Apple ferme Chomp en application d'une règle de l'Apple Store qui interdit à une appli de renvoyer à d'autres applis (promotion, vente).

Pour chercher des applications, rien de mieux apparemment qu'une application gratuite. Avec chomp, la recherche s'effectuait de manière mixte, soit par un mot (lexicale), soit par catégorie (une vingtaine), soit par genre (ainsi, peut-on, par exemple, rechercher parmi 1 826 applis catégorisées comme "soccer" (football) et seulement 739 consacrées au chocolat, 11 705 au social networking... La recherche d'une appli peut être filtrée selon le prix, selon qu'il s'agit d'un jeu ou non, selon la date de publication (cf. copies d'écran)...

A disposition des développeurs, Chomp proposait un outil promotionnel (Chomp Search Ads) recourant à des mots clés pour améliorer la visibilité de l'appli auprès du grand public, etc. Le site permettait également aux développeurs de faciliter le référencement de leurs applis (mots clés, etc.). Avec chomp, le marketing (analyse de la concurrence) et le SEO (Search Engine Optimization) faisaient leur entrée dans le domaine des applis et l'App Store Optimization (cf. sur le  même sujet, AppCod.es).

S'agissait-il d'une application" comme les autres" ou faut-il y voir une incursion de Apple dans le domaine de Google et de Bing ? Les applis définissent, comme les réseaux sociaux, des sous-ensembles du domaine global de la recherche. Actuellement, la recherche d'applis, leur découverte, s'effectue à l'aide d'un moteur de recherche généraliste (Bing, Google, etc.).

Chomp disposait, à ce stade, de fonctionnalités limitées. Mais l'entreprise était encore toute jeune, deux ans. On pouvait imaginer qu'en intégrant Apple, Chomp améliore et enrichisse ses fonctionnalités, notamment en recourant à des fonctions sémantiques de recherche, à des catégorisation plus populaires (folksonomie) et en stimulant les interaction des utilisateurs (crowd sourcing). Quid du marché des données collectées dans le cadre des applis ? Rappelons qu'en France, selon AT Internet / Webtrends, Apple compterait plus de 4 visites sur 5 (enquête d'octobre 2011).

Alors qu'elles étendent leur domaine avec la conquête des ordinateurs, des réseaux sociaux, des tablettes et de la télévision connectée, les applis sont de plus en plus importantes et nombreuses dans l'univers numérique. Il semble que l'audience française du Web baisse en France, tansi que celle des applis augmente (Enquête AT Internet : web Trends, avril 2012). Est-ce l'amorce d'une balkanisation de l'univers numérique et donc de la recherche ? Cette tendance est à suivre sur la longue durée ; il nous manque une description plus précise de la méthodologie de l'enquête (constitution de l'échantillon de sites et applis pris en compte, marge d'erreur) avant de conclure. Ni prévention, ni précipitation.

dimanche 18 mars 2012

"Le Temps" de Rousseau

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Le Temps est un quotidien suisse francophone, récent (1998), issu de la fusion de deux titres, dont le fameux Nouveau Quotidien, très innovant et iconoclaste. Plus de quatre cinquièmes des ventes (45 000 exemplaires) du Temps proviennent des abonnements. Lecteurs fidèles et réguliers. Taux de circulation : 3. (Source : Etude Mach Basic 2011-2012). Il y a ces lecteurs du papier, il ya aussi des lecteurs du numérique (42 000  exclusifs) et ceux qui lisent à tous les râteliers (10 000 "mixtes". Source : Etude pilote Total Audience 1.0). Ces mixtes effectuent aussi des lectures à partir de la toute récente application mobile. Notons, en passant la complexité, à peine effleurée ici, de l'évaluation des lectures multiples proposées par un unique titre média, Le Temps. Aucun média ne peut proposer une aussi grande variété de lectures que la presse.

Le samedi, c'est le jour de la culture. Et, cette semaine, le 17/3/2012, Le Temps consacre sa Une, toute sa Une, et encore son supplément, tout son supplément, Samedi Culturel, à Rousseau. Incroyable ! Un journal qui ne se plie pas aux meilleures ventes ("best-sellers") ou à l'idole du jour. Un quotidien qui, suivant la maxime de Thoreau, fait lire l'éternité ("Don't read the times, read the eternity"). Héritage du Nouveau Quotidien ?

A la Une du supplément, Rousseau, réfugié dans un coin de nature, écrit avec un ordinateur, sur fond de gratte-ciel. Se demande-t-il toujours "si le progrès des sciences et des arts... a corrompu nos moeurs" ? Dirait-il aujourd'hui que le Web, comme l'Imprimerie, a causé des "desordres affreux" et "n'a rien ajouté à notre véritable félicité" ? (Discours sur les sciences et les arts", Par un Citoyen de Genève, 1750).
Le dossier de Samedi Culturel imagine des réponses rousseauistes à des questions contemporaines. Par exemple, "Etes-vous tenté de vous inscrire sur Facebook ?" Réponse imaginaire de Rousseau, paraphrasant Aristote : "O mes amis, il n'y a pas d'amis". Mais Rousseau mettrait-il aujourd'hui ses Confessions sur Facebook, "Le Devin de Village" sur YouTube ? Les considérations de Rousseau sont décidément actuelles qu'il s'agisse de la "lenteur de penser" ou encore de son avertissement à propos des inégalités : "Vous êtes perdus, si vous oubliez que les fruits sont à tous et que la terre n'est à personne" (1755).
L'oeuvre de Jean-Jacques Rousseau a presque de trois siècles ; à la Une du Temps, c'est Voltaire qui apporte le gâteau d'anniversaire pour "entarter" son adversaire préféré.
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lundi 12 mars 2012

Pinterest ? Quel intérêt ?

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"Pinterest vous permet d'organiser et partager toutes les belles choses que vous trouvez sur le Web". Voici la définition officielle. Pinterest est une sorte d'agrégateur de photos provenant principalement d'autres sites, une sorte d'échantillon d'images publiées sur le Web par un très vaste panel. Scrapbooking généralisé, crowdsourcing de la "curation" ?
Selon comScore, il y aurait déjà presque 12 millions d'utilisateurs de Pinterest, ce réseau social iattendu. D'abord, il faut être invité avant de s'inscrire via Twitter ou Facebook. Certes, il y a une appli mobile mais tout le monde convient qu'elle fonctionne mal. De plus, Pinterest a rencontré des problèmes avec Flickr (Yahoo!) qui veut pouvoir bloquer les "pins" de Pinterest afin de préserver l'usage privé de certains photos.
Quant au  modèle économique, il est encore mystérieux et indécis (publicité, affiliation ?). Cf. How does Pinterest make money?

Malgré tout, Pinterest rencontre un succès inattendu. Certains médias télévisuels américains le testent, comptant y "faire" de l'audience : télévision (PBS, The Weather Channel, NBC, des stations locales, etc.), magazines de décoration, des féminins (Homes & Garden, House Beautiful, EasyLivingElle Decor, etc.) et même The Wall Street Journal. La vitesse d'adoption de Pinterest ne cesse de surprendre. D'autant qu'aucune boule de cristal médiatique ne l'a vu venir. Voilà qui nous rappelle que l'univers des pratiques numériques est en expansion accélérée, mal prévisible. On n'est jamais à l'abri d'un Big Bang.

D'où vient le succès de Pinterest ? Son aspect visuel de collage, son formidable désordre qui suscite des rencontres surprenantes ? Sa simplicité ? Epingler d'un click droit, commenter en deux mots, et c'est parti (pour un mode d'emploi simplifié de Pinterest, voir Shareaolic ; une extension Chrome facilite l'épinglage). Comme avec le plupart des réseaux sociaux, on peut suivre, apprécier des épinglages (like), ré-épingler (repin). Notons encore que l'utilisateur de Pinterest doit classer la photo qu'il épingle dans une catégorie, éventuellement en créer une à sa convenance (folksonomie) : des données organisées ainsi produites sont d'une grande richesse.
Pinterest a déjà des émules en Chine notamment dans le e-commerce (filiales de Taobao, comme Etao Faxian ou Wow). Taobao (淘宝网) est une filiale du groupe Alibaba (阿里巴巴).
  • Non seulement Pinterest compte déjà beaucoup d'utilisateurs et beaucoup d'utilisations, mais il semble se révéler un formidable apporteur d'audience (referral traffic) aux éditeurs de sites. Selon Shareaholic (cf. supra), Pinterest dépasserait Google+, YouTube et LinkedIn pour ce qui est des apports d'audience aux sites éditeurs. En janvier, le site se situait au niveau de Google et de Twitter, derrière StumbleUpon et, évidemment, très loin de Facebook. 
  • En part d'audience des visites aux réseaux sociaux, Pinterest dépasse Google+ et LinkedIn (cf. Experian / Hitwise).
  • L'image de Pinterest auprès des américaines semble favorable ; elles auraient plus confiance en Pinterest qu'en Facebook ou Twitter, selon une enquête déclarative de BlogHer (février 2012). D'une manière générale, le profile de Pinterest est plutôt féminin (cf. 24 Ore)

iPad et catalogues en ligne

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Le marché des catalogues papier reste important. Chaque année, par exemple, Ikea en distribuerait 200 millions d'exemplaires dans le monde (cf. France Graphique, qui aborde aussi la question de l'impact environnemental des catalogues). Le chiffre d'affaires de l'industrie des catalogues serait de 270 millions de $ aux Etats-Unis. Alors que ses dernières évolutions le rapprochent de la définition du papier (iPad3), il n'est pas surprenant de voir Apple positionner l'iPad comme un support de ce très vieux média du commerce. Il y a désormais une catégorie "Catalogs" dans la boutique iTunes. Cette catégorie compte plusieurs dizaines d'applications pour catalogues ; parmi celles-ci, il y a des applications rassemblant des dizaines de  catalogues, sortes d'agrégateurs, comme Google Catalogs (cf. notre post) et Coffee Table.

Gratuite, Coffee Table est une appli iPad pour l'achat sur catalogue. Express Checkout (simplification des paiements), analytiques (pour comprendre le comportement des acheteurs, calculer le rendement d'un linéaire virtuel, etc.) : "The Coffee Table" apporte des fonctionnalités mutualisées essentielles aux différents éditeurs de catalogues.
Le nom connote les "beaux livres" (livres d'art, photo, etc.) qui traînent sur la table basse (coffee table), livres connus pour leur difficile maniabilité mais associés au plaisir de découvrir et regarder (catalogues d'exposition, etc.)
E-commerce et catalogue sont complémentaires ; le premier mène droit au but, le second met l'accent sur le feuilletage, la découverte, le plaisir, les trouvailles (discovery-based shopping, serendipity). Plaisir que doit restituer l'ergonomie du catalogue numérique.

Lancé en mai 2012, ShopMox propose sur iPad une fonction de catalogue pour quelques grandes enseignes (Gap, Banana Republic, Fossil, Old Navy, Anthropologie, etc.). La cible visée est essentiellement féminine.

Copie d'écran de Coffee Table dans la catégorie Catalogs de iTune Store

vendredi 9 mars 2012

La presse dans le quartier : déménagement d'un territoire média

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"La marchande de journaux ferme son étalage". Mais demain, elle ne le rouvrira pas. Martine a vendu : adieu journaux, librairie, papéterie, magazines. C'est un problème pour la presse d'abord : des titres se vendaient ici qui ne se vendront plus, visibilité en berne. C'est surtout un problème pour le quartier qui a perdu un lieu de vie, de commerce, de discussion.

L'amertume des clients est grande, celle des marchands voisins aussi : ni le dépositaire, ni la mairie ne semblent être intervenus. Des bistrots d'à côté vendent une demi-douzaine de titres, le supermarché a un rayon presse standard. C'est la loi du marché comme un destin, aveugle, un insensible déménagement du territoire ? Peut-être vaudrait-il mieux aider les marchands de journaux plutôt que les journaux... Leur mission est plus large : leur boutique est un point de rencontre multigénérationnel, un lieu de socialisation, une animation de la rue. Ni le kiosque ni même le supermarché, ni une appli ne les remplaceront, lieux impersonnels, où nul lien ne se tisse, où l'on ne fait que passer, vite. Calculs bureaucratiques, de loin.
On y papotait, des gens de tous âges, de tous métiers. Les élèves des établissements scolaires d'alentour y faisaient provision de "classiques", Molière et Ciceron, de grammaires et de BD, de cartes à jouer Panini... Martine a suivi ces élèves de la maternelle aux prépas, des premiers livres aux annales du bac. Toute leur scolarité a défilé chez elle, de la "grande école" aux Grances Ecoles.

On y réservait son journal qu'elle mettait de côté, Le Canard Enchaîné, qui manque tout le temps, Le Monde des Livres du jeudi... Il y avait une vitrine avec des livres et des stylos. Il y avait un tourniquet où l'on parcourait les titres du Parisien ou des Echos. Il y avait surtout la panoplie complète des copies, les simples et les doubles, petits et grand formats, avec ou sans trous, petits ou grands carreaux, les cartouches pour tous les stylos de la création... La vie passait quotidiennement par là, cadeaux, emballages, photocopies, cartes de voeux, magazine TV, mots flêchés, Voici, Nous Deux, L'Huma... Livres de poche et Pléiades.


Réseau social en dur, avec les commerçants du quartier, le boucher et le boulanger, le teinturier et les fleuristes, le retoucheur, l'épicier que ni Facebook ni Amazon, lointaines proximités, jamais ne remplaceront.
A quelques pas de là, il y a deux ou trois ans, il y avait un concurrent. Lui aussi a vendu. A un marchand de scooters (cf. infra). Les civilisations sont mortelles. Maintenant, il travaille comme plombier.
Un an plus tard, au carrefour, on a installé un petit kiosque. Il ne vend que les titres les plus courants. Il ferme tôt. Point de vente sans commerce, point d'affichage de presse, un peu, de produits dits de luxe surtout.

mercredi 7 mars 2012

Public TV and the Web

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iPhone free app
In its Annual Report 2011 published 7 March 2012, Axel Springer AG lists "the expansion of state-owned TV stations into the Internet" as a "political and legal risk" for its group. Axel Springer AG targets a news app published by ARD, the leading public German channel. "tagesschau" is a "text-oriented news app", claiming to be "Die Nachrichten der ARD" (news of the ARD). It is a free app whereas news apps developed by RTL or Springer are paid (0,79 € / month for the Bild App, 2,99 for the FAZ).

Since ARD is financed by a licence fee ("Rundfunkgebühren"), a sort of a tax paid by each German household (18 € / month), Axel Springer AG complains that this is unfair competition. The group has filed a lawsuit against ARD. The results of this lawsuit could affect the business model of all public channels on the Net.

This is far from a trivial matter
In most European countries, public radio and television have developed free news apps and websites which could all be perceived by the private media as unfair competition.
This poses the question of the diversification of the public services financed by "taxes". Is the Web a different market or a logical extension of their core business (TV and radio programs) ?

N.B. Axel Springer AG is one of the major media groups in Europe; in addition to newspapers (Bild, Die Welt) and magazines, the group owns many websites: aufeminin.com, onmeda.de (santé), seloger.com, etc. The Group is active in many European countries (France, Russia, Spain, Switzerland, etc.)

Sources:
in German, Geschäftsbericht 2011, "Politische und rechtliche Risiken", Seite 70
in English, Annual Report 2011, "Political and legal risks", page 73
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mardi 6 mars 2012

TV américaine. N°13. Lancement d'une série. De Glee à Smash

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Production des studios Universal (Comcast NBC) et de DreamWorks (Steven Spielberg), la série "Smash" (43 mn sans les messages publicitaires) est diffusée par le network NBC, en fin de prime time, le lundi à 22 H (ET). C'est l'une des nouvelles séries phares de la saison 2011-2012. L'audience du pilote était considérée comme excellente (11,5 millions de téléspectateurs, 3,8% de taux d'audience, 10% de part d'audience), les diffusions suivantes obtinrent des audience moins nombreuses ; en revanche, la dernière en date (cinquième épisode), est en hausse (7,9 millions de téléspectateurs), bien emmenée par "The Voice" (16,7 millions de téléspectateurs). La chute d'une émission à l'autre est toutefois bien forte.

Lundi musical
NBC recourt à une stratégie de programmation classique pour un lancement en cours de saison. Dans la grille du network, "Smash" a été placée dans le sillage de "The Voice" (lead-in, diffusée à 20H, ET), les deux émissions visant la même cible primaire : 18-49 ans. "The Voice" devrait accumuler de l'audience pour "Smash" (piggyback) qui, dans la grille, précède les informations locales ; de son succès d'audience dépend en grande partie l'audience locale des stations du network.
Avant son passage à l'antenne, l'émission a été diffusée sur certaines lignes d'American Airlines puis, gratuitement, en VOD sur iTunes, Vudu (Walmart), Amazon et, bien sûr, sur Hulu et NBC.com. Lancée début février 2012, 15 épisodes sont prévus avant l'été.
La chaîne a mis en place nombre de compléments numériques à partager par les fans de l'émission sur son site officiel NBC.com.

"Smash" se déroule dans le monde du show-business, le titre connotant la réussite exceptionnelle d'une pièce. L'intrigue tourne autour de la mise en oeuvre (financement, casting, etc.), pour un théâtre de Broadway, d'un spectacle consacré à la vie de Marilyn Monroe, de DiMaggio (base-ball) à Kennedy (politique).
L'émission exploite le filon télévisuel des crochets et concours "musicaux", terrain défriché par "American Idol" (Fox, 2002) et "The Voice" (version sans script, unscripted), par "Glee" (version scénarisée). Les chansons en constituent des temps forts et significatifs, tout comme dans "Glee". Elles donnent le ton et contribuent au portrait des personnages. Elles assurent une fonction descriptive.

L'Amérique au miroir de Broadway
Broadway représente un pan essentiel de la scène théâtrale et musicale américaine : plus de 12 millions de spectateurs en 2011 à New York pour une quarantaine de théâtres, à quoi s'ajoutent les tournées, les plus petits théâtres dits Off-Broadway. Plusieurs acteurs clés de "Glee" viennent de Broadway (Darren Criss, Lea Michele, Matthew Morrison, Jonathan Groff). A propos de Broadway : on pourra écouter l'émission de Laurent Valière, "42e Rue", sur France Musique, le dimanche matin).



Au-delà de ses apparences d'universalité, la série, cherchant la complicité du public américain, mobilise sans cesse des références et allusions à la culture américaine la plus quotidienne et la plus traditionnelle. Exemple (4e épisode) : Karen, "midwestern beauty", personnage central de la série, "montée" à New York pour faire carrière, retourne au pays chez ses parents le temps d'un week-end pour assister à une fête amicale ("Baby shower") ; elle interprète pour ses amies d'enfance une chanson country, hymne à la vie en province, qui en revendique tous les traits ("Redneck Woman" de Gretchen Wilson) aux antipodes de la vie à New York (les paroles opposent Victoria's Secret à Walmart, le Champagne - taste - à la bière -budget -, etc.). Trahison de la Middle Class d'origine (country girl) ? Rêve de mobilité sociale par le show biz ou le sport, comme dans "Glee". N.B. L'actrice qui joue ce rôle, Katharine McPhee, elle-même passée par "American Idol" est un produit de cette mobilité. Dans l'émission, seule l'intrigue, d'ailleurs fort simple, est universelle ; en revanche, les descriptions sont méticuleusement américaines.
Quelle pourra être la réception par le grand public français de cette émission tellement américaine (diffusion par Orange et TF1 en VOD) ?


Rappel : études de cas sur la télévision américaine 

N°1 Station contre network                                                         N°2 Fox change d'affiliée
N°3 Question de couverture                                                         N°4 Pour network, le local compte
N°5 Syndication : le talent d'Oprah, le poids du local                    N°6 Lancement d'une chaîne
N°7 Une émission, deux écrans                                                    N°8 Stratégie de syndication
N°9 Un network prend le taxi                                                      N°10 Réglementation : son de la pub TV
N°11 TV à la station service                                                         N°12 Networks hispanophones

Episodes de Smash à vendre sur iTunes

dimanche 4 mars 2012

Bretons en Cuisine. Média des racines ?

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Bretons en Cuisine. Saveurs et art de vivre en Bretagne, trimestriel, 5,9 €, 100 p.

De la cuisine, encore et toujours. Titre nouveau qui ajoute à cette passion française celle du patrimoine régional.
Magazine lancé par Ouest France, premier quotidien français pour la Diffusion Payée France (bien plus que le Figaro, Le Monde et Libération ensemble. Source : OJD pour 2011). Le groupe Ouest France mène une politique constante de diversification éditoriale à partir des thèmes de son territoire de diffusion publiant des titres sur l'histoire, les vin de Loire, les cultures bretonnes, des co-éditions avec Historia, Agenda, guide des sorties à Rennes, Reportages, un magazine trimestriel (Des histoires, des lieux, des hommes), Bretons, mensuel politique, etc.

Contenu classique, du marché à la cuisine
  • Du shopping produits avec adresses des points de vente en Bretagne (annonceurs régionaux)
  • Des recettes : chacune a sa cote (facile / difficile/ élaboré, bon marché /onéreux / raisonnable)
  • Des photos si belles qu'on en mangerait (photo des plats achevés pas en train de se faire)
  • Des articles originaux : sur le beurre, les artichauts, le marché
  • 9 pages sur les macarons (!?), 7 sur le Muscadet... 
Quelques pages de publicité (on s'étonne qu'il y en ait si peu). Bien placées, bien conçues, qui ne dérangent pas, au contraire. Parfois même, on voudrait en savoir plus (ainsi des yaourts Malo, par exemple).
Ce magazine gastronomique, cuisine nouvelle et cuisine des grands mères, participe de la résistance régionale à la mondialisation des goûts dans un pays envahi par les pizzas et autres "restaurations" rapides. La région résistera-t-elle mieux que la nation ? La région est-elle la dimension majeure de l'Europe, devant la nation et l'agglomération ? La cuisine régionale est aussi la revendication euphémisée d'une appartenance politique, d'un Etat ? Il n'y a pas de cuisine départementale, il n'y a que des cuisines d'Ancien Régime ! A vérifier ! Sur ce sujet : "Les ch'tis : le fabrication de l'autochtone".

Bretons en Cuisine est un beau magazine que l'on peut garder longtemps, plaisir de feuilleter et d'imaginer, avant de passer à l'acte. Pas de version numérique, mais un tel contenu trouvera aisément sa place sur une tablette.
Dans le prochain numéro : le cidre, l'andouille, le lait ribot, les moules. A quand le far et le kouign-amann ?

N. B. On compte plus de 420 titres nouveaux et Hors Séries consacrés à la cuisine (principalement ou exclusivement) depuis janvier 2007. Source : Base MM.
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jeudi 1 mars 2012

Actualités : l'actu, c'est Facebook

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Une étude réalisée par AT Internet évalue la part du trafic des sites média dits d'actualité provenant des réseaux sociaux. Le travail d'analyse, effectué pour 12 sites d'actualité, étudie les sites affluents, ceux qui alimentent les sites en audience (referrer, URL du lien suivi pour aboutir au site). Le comptage inclut les liens publicitaires et les affiliations mais exclut les autres sources de trafic : moteurs de recherche, courrier, flux RSS, accès directs. Les 12 sites étudiés sont audités par AT Internet.

En janvier 2012, selon cette étude, Facebook fournissait 28% des visites aux sites d'actualité français, Twitter, 5%. Ensemble, le tiers. Et cette proportion est croissante. Google+ n'est pas visible (pas encore ?) et Pinterest n'est pas évoqué.
Cette statistique constitue un signal, encore faible (3 à 4% du trafic total), mais significatif et qui mérite d'être suivi.

Les réseaux sociaux sont-ils en train de prendre le contrôle du Web d'information grand public ?